le 4 mai : Kandinsky

Nous allons explorer l’art moderne, plus précisément la peinture « non figurative » qu’on appelle aussi l’art abstrait. Le peintre russe Vassily Kandinsky (1866-1944) est un parfait exemple de ce courant, d’’une part parce qu’au cours de sa vie il a évolué d’un style tout-à-fait classique (du genre des Impressionnistes ou des Fauves) à des tableaux de plus en plus abstraits, c’est-à-dire qui ne représentent rien ; d’autre part parce qu’il a théorisé cette approche de l’art, ce qui intéresse les philosophes.
Pour lui l’art ne doit pas reproduire la réalité, le visible (un paysage, un bouquet de fleurs, une dame dans un fauteuil) mais rendre visibles à l’aide de couleurs et de formes les émotions, les sentiments devant la réalité. On appelle « expressionnisme » cette école picturale. Du coup, plus besoin de représenter les arbres, le vase… Mieux, il s’est aperçu que « les objets gênaient» et qu’il fallait s’en passer.

Kandinsky était de formation scientifique, un intellectuel avant de se consacrer tardivement à la peinture. Loin d’être des barbouillages (qu’on les aime ou pas) ses toiles sont d’abord pensées, et composées avec rigueur. On retrouve cette approche de l’art chez des peintres parfaitement « figuratifs » comme Matisse ou Chagall.

Le 4 mai nous pourrons examiner quelques-unes de ses toiles et constater la disparition progressive de l’objet !

A 18h30, café-restaurant La Bonne Franquette à Noizay

Bibliographie

Wassily Kandinsky : du spirituel dans l’art, édit Folio essais

Machiavel, le 6 avril 2023

 Le 6 avril nous allons réhabiliter Machiavel ! Tâche impossible ? Les conseils qu’il donne aux dirigeants sont cyniques, machiavéliques. Il leur recommande d’utiliser la force et la ruse, la tromperie et la trahison. En effet le pouvoir politique c’est l’action qui implique de « se salir les mains », car nous ne vivons pas dans un monde de bisounours. Mais il recommande d’y avoir recours à bon escient, et avec modération, et seulement si c’est absolument indispensable.

Car le but est finalement le bien du peuple, la concorde dans le pays, l’unité de la nation : « satisfaire le peuple et le rendre content est une des plus importantes affaires qu’ait le prince »

La politique de Machiavel n’est donc  pas dénuée de morale. Le problème est que les hommes sont foncièrement mauvais … Comme d’autres philosophes (Rousseau, Hobbes, Kant, Arendt etc) il tente l’exercice difficile de concilier la nécessaire efficacité du pouvoir avec ses idéaux républicains.

De quoi débattre, sereinement !

 

Bibliographie

 

Machiavel, Le prince, édit Garnier-Flammarion. Lecture facile, en prêt à la bibliothèque de la Chouette

 

Francis Wolff, le 2 février 2023

Nous ne savons plus ce que nous sommes, êtres humains coincés entre la perspective vertigineuse de dépasser notre humble condition grâce à la technique, et le poignant désir de former une communauté avec le monde animal. Des dieux ou des bêtes ?

Francis Wolff, professeur émérite de philosophie à l’Ecole normale supérieure, dont nous connaissons déjà son analyse de l’amour parfait (3 octobre 2019), démonte les mirages du transhumanisme et de l’animalisme, et tente de redonner à l’Homme sa dignité et sa place dans l’univers.

A lire :

Francis Wolff, Trois utopies contemporaines (Edit Fayard) – lecture facile

Ramakrishna et l’hindouisme, le 8 décembre

Ramakrishna (1836-1886) est un des grands penseurs de l’Inde. Il y a de nombreuses raisons de s’intéresser à l’hindouisme. C’est une religion riche, foisonnante, fascinante par la multiplicité de divinités, leur ambivalence (certaines personnifient la violence et en même temps la compassion), le système des castes, l’importance de la sexualité, le poids de la société et du clergé (les brahmanes), le rôle décisif des rites. C’est, encore aujourd’hui, la religion pratiquée scrupuleusement par tout un peuple de près d’un milliard et demi d’habitants. Certains aspects nous attirent, comme la communion avec l’univers, la conscience de former un tout…

 Bref l’exact opposé de nos valeurs et modes de pensée : l’individualisme, la rationalité, la transcendance du divin. C’est donc la philosophie qui nous est la plus étrangère, bien plus que d’autres pensées orientales, comme le bouddhisme ou le taoïsme. Cela vaut le coup de l’étudier, ne serait-ce que le temps d’un café philosophique.

Et de poser la question, valable aussi pour nous : peut-on choisir dans un système de pensée les éléments qui nous conviennent, et rejeter le reste ? peut-on retirer une pièce sans que tout s’écroule ? Comment une religion, par exemple, peut-elle évoluer, s’adapter, sans qu’elle se dénature et s’affaiblisse ?

Le 8 décembre à 18h30, café-restaurant La Bonne Franquette à Noizay

Héraclite d’Ephèse, le 6 octobre

Chers amis philosophes

Notre prochaine séance le jeudi 6 octobre nous ramènera dans le passé, chez les Grecs ces philosophes. Un d’entre eux excitera notre curiosité : Héraclite d’Ephèse. Au Vème siècle avant notre ère, avant Socrate donc, il a basé sa conception du monde sur le « devenir » : tout s’écoule ! le temps nous échappe ! la réalité est sans cesse en transformation ! Le moteur de cet éternel écoulement : la lutte entre les contraires.

Une vision totalement à l’inverse de celles des Grecs (et même des philosophes en général), qui cherchent plutôt un principe d’unité ; lui voulait expliquer et valoriser la diversité, le changement.

Une vision vraiment moderne !

a bientôt, avec mes amitiés

Aude Yung

Héraclite d’Ephèse, 6 octobre

Retour dans le passé ce prochain café philosophique, plus précisément chez les Grecs ! Au Vème siècle avant notre ère, avant Socrate donc, Héraclite d’Ephèse n’est connu que par une centaine d’aphorismes, de formules brèves et souvent énigmatiques. Il s’en dégage cependant une importante conception du monde. Pour lui, le devenir est l’essence de la réalité : tout s’écoule, tout change. « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». La loi de cet éternel écoulement : la lutte entre les contraires. « La guerre est le père de toutes choses ». Les philosophes cherchent en général un principe d’unité, lui voulait expliquer la diversité, le changement.

Une vision somme toute moderne, et qu’il est intéressant de discuter.

Jeudi 6 octobre à 18h30, au café-restaurant La Bonne Franquette, 39 rue de la République à Noizay

Lord Bertrand Russell, le 8 septembre

Lord Bertrand Russell (1872-1970) eut une double vie. Cet aristocrate anglais fut un redoutable penseur, inventa un système de formalisation logique des mathématiques et soumit aux règles de la logique (par exemple  le rasoir d’Occam) les grandes questions de la philosophie : le jugement, la réalité, Dieu, car il s’évertuait à démasquer les superstitions et à rechercher des certitudes absolues. Comme presque tous les philosophes.

En même temps, comme très peu d’entre eux, il s’engagea dans les combats de son temps pour le pacifisme, l’égalité des sexes, la libération des moeurs, contre le nucléaire, la guerre au Vietnam… au point de connaître les geôles britanniques. Humaniste et empli de compassion devant les souffrances des hommes, il résuma ainsi sa philosophie : « la vie bonne est celle qui est inspirée par l’amour et guidée par la connaissance ».

Jeudi 8 septembre à 18h30, café-restaurant La Bonne Franquette 39 rue de la République à Noizay

projet de paix… 2 juin

Peut-on arriver à une paix perpétuelle – entre citoyens, entre Etats, et pourquoi pas à l’échelle de la planète ? Cela fait rêver… Il y a 200 ans, Emmanuel Kant prétendit que oui, c’est tout-à-fait possible, et énonçait tranquillement les six conditions à remplir.

Bien sûr ce n’est pas si simple. On peut débattre (et nous le ferons le 2 juin prochain) des dites « conditions », remarquer que l’époque a changé, déplorer son refus de la démocratie. N’empêche que ce court texte fourmille d’idées stimulantes, surtout dans le tragique contexte actuel, et qu’il serait dommage de le réduire à une aimable utopie.

Jeudi 2 juin à 18h30, café-restaurant « La Bonne Franquette », 39 rue de la République, Noizay

Bibliographie

Kant, « Projet de paix perpétuelle », édit. Vrin, 86 pages d’une lecture facile.

Bachelard, le 5 mai

Gaston Bachelard (1884-1962) est un philosophe hors du commun. Humble professeur de sciences, autodidacte, il obtient à 40 ans sa licence de philosophie… Toute sa vie et ses œuvres seront partagées entre ses deux centres d’intérêt : réflexion rationaliste sur l’esprit scientifique, et rêverie poétique sur le symbolisme des éléments – le feu, l’eau, l’air la terre. Le jour et la nuit ! « Le rêve est plus fort que l’expérience…on ne peut étudier que ce qu’on a d’abord rêvé »

Ces explorations de nos images trop facilement renvoyées à l’inconscient nous éclairent sur une partie essentielle bien que négligée de notre psychisme.

Jeudi 5 mai 18h30, café -restaurant La Bonne Franquette, 39 rue de la République, Noizay

Bibliographie

Le nouvel esprit scientifique

La psychanalyse du Feu / La Terre et les rêveries de la volonté / La Terre et les rêveries du repos / L’Eau et les rêves / L’Air et les songes

Freud, le 3 mars

Notre prochain café philosophique le 3 mars nous fera faire une plongée dans le monde trouble de Sigmund Freud. Ce médecin autrichien (1859-1939) montra que l’explication de certains troubles mentaux d’une part se trouvait dans l’hypothèse de l’existence de processus inconscients, d’autre part que leur prise de conscience par le malade provoquait leur disparition. L’ »hypothèse » de l’inconscient était née, et allait révolutionner notre connaissance du psychisme, de la même manière que les découvertes de Copernic et de Darwin (c’est Freud qui le dit).

Notre « inconscient » devint le réceptacle obscur de pulsions morbides et de désirs inavouables dont l’origine était forcément sexuelle. Cette grille de lecture s’étendit à d’autres domaines, comme les faits sociaux ou la religion.

Méthode de traitement incontestable des névroses (la psychanalyse), elle repose sur des présupposés philosophiques, eux contestables ou en tout cas discutables : prédominance de la sexualité, déterminisme, conception négative de la nature humaine, morale bourgeoise du XIXème siècle, etc.

De quoi alimenter nos discussions le 3 mars !

 

Bibliographie

Les livres de Freud sont épais et touffus. Sont facilement abordables :

malaise dans la civilisation , édition Payot poche,  comment la civilisation repose sur la répression des instincts sexuels et leur sublimation

délire et rêve dans la « Gradiva » de Jensen, édition Gallimard poche,   analyse freudienne d’un petit roman d’amour du 19ème siècle