4 juin : la démesure c’est le chaos !

La démesure, appelée Hubris dans la Grèce antique, est une notion qui renvoie à des attitudes excessives : passion, orgueil, outrage, crime, transgression. Défier les Dieux ou l’ordre du monde par un mécanisme d’aveuglement conduirait à l’irréparable et au chaos. Ce terme d’hubris a resurgi dans le langage récent à propos d’évènements et d’homme politiques. Il s’oppose à la tempérance, la raison, la démocratie…

De la mythologie à l’histoire contemporaine, nous verrons les contours de ce concept et appréhenderons comment reconnaître la démesure (ou l’hubris) chez les hommes et certaines de leurs décisions ou projets.

La démesure ou l’Hubris est-elle nécessaire à l’évolution de l’humanité ou le germe de sa propre destruction ?

Nous discuterons ensemble les réponses  à cette question.

C’est Hubert Nivet, membre de la Chouette Noizéenne, qui présentera le thème de la démesure

 

7 mai : Hegel

La Chouette Noizéenne vous propose d’examiner un élément célèbre de la philosophie de l’Allemand Hegel (1770-1831), la dialectique du maître et de l’esclave. On assiste à la déchéance progressive du patron, au début maître incontesté de son serviteur et de l’univers, et à la prise de pouvoir subtile de l’esclave qui pratiquant les choses et les maîtrisant devient plus fort que son patron coupé de la réalité.
Cette « dialectique », c’est-à-dire le renversement des rapports de domination, s’applique évidemment aux rapports sociaux (lutte de classe) mais aussi aux rapports humains : pour exister, nous avons tous besoin. que le regard de l’autre nous reconnaisse.  Elle éclaire le rôle fondamental du travail au sens large (la transformation du monde), la conflictualité des relations humaines, et la conquête de la liberté. Elle a eu, depuis Hegel, un énorme retentissement dans la philosophie occidentale, de Marx à Sartre.

De quoi susciter questions et échanges.

 

Le 7 mai à 18h30, café-restaurant Le Bonne Franquette, 39 rue de la République à Noizay

 

le 5 mars : Zénon d’Elée

Au 5ème siècle avant notre ère, le Grec Zénon natif d’Elée bouleversa les savants et les philosophes en démontrant que le mouvement était impossible : jamais le champion Achille ne rattrapera la lente tortue, jamais la flèche n’atteindra sa cible – elle ne pourra tout simplement pas partir. Le tout avec des arguments d’une logique imparable. Bien sûr il suffit de marcher pour que le système s’écroule et que Zénon soit ridiculisé…

On peut considérer ses « paradoxes » comme un jeu intellectuel. Ils ont pourtant un double intérêt. Scientifique d’abord, car jusqu’à la découverte de la théorique quantique la possibilité théorique du mouvement est restée une énigme, et l’est encore largement. Philosophique ensuite, car ils mettent en lumière la question hautement métaphysique de la contradiction entre ce que nous éprouvons concrètement – le mouvement – et ce que démontre notre pensée – il est logiquement impossible.

Le 5 mars prochain les philosophes de la Chouette Noizéenne pourront s’attaquer à ces questions lancinantes !

Le 5 mars à 18h30, au café-restaurant La Bonne Franquette,

39 rue de la République à Noizay

le 5 février : les Bijagos

Les Bijagos sont un archipel de quelque 80 îles au large de l’Etat de Guinée-Bissau, au sud du Sénégal. Ils ont été inscrits l’an dernier au patrimoine mondial de l’humanité afin d’en préserver l’extraordinaire diversité biologique et les cultures des peuples qui y vivent ; une bonne moitié de l’archipel est désormais interdite d’accès.

Seuls une dizaine d’îles sont habitées par les 30 000 Bijagos. Dispersés en petits villages isolés et vivant en quasi autonomie, ces peuples ont conservé inchangés leurs traditions, leurs mythes, leurs rites, et ce bien qu’ils soient en contact avec la « civilisation » du fait de quelques échanges commerciaux avec le continent.

J’ai eu la chance de passer avec des ethnologues quelques jours dans les Bijagos. Je voudrais partager cette expérience, et débattre avec vous de ces interrogations philosophiques : d’où vient le poids de la tradition ? Comment certains peuples résistent-ils aux bienfaits du monde moderne ? Est-il pertinent de comparer les modes de vie, et si oui, selon quels critères (liberté, éducation, santé, prospérité etc) ?

Le 5 février à 18h30, à la Bonne Franquette, 39 rue de la République à Noizay

4 décembre : l’expérience de Milgram

En 1963 le psychologue américain Stanley Milgram réalisa une expérience destinée à établir jusqu’où l’obéissance à des ordres pouvait mener, en l’occurrence à des actes de barbarie. Les « cobayes » devaient infliger des souffrances de plus en plus fortes, et continuer – ou non – à le faire, pour obéir aux ordres qu’ils recevaient. Les deux tiers des cobayes sont allés jusqu’au bout. Cette expérience terrifiante eut un énorme retentissement.

Elle nous interroge sur notre capacité à résister à des ordres que notre conscience morale réprouve, et nous poser la question troublante : qu’aurions-nous fait, que ferions-nous ?

Elle pose aussi la question des limites floues entre l’obéissance à des ordres (base de la vie en société), le conformisme, la passivité, et la soumission aveugle à l’autorité, début de l’établissement d’un Etat dictatorial.

L’expérience de Milgram touche à deux domaines, le premier psychologique et philosophique : notre « humanité » comporte-t-elle un tropisme vers l’inhumanité ? Le second, sociologique et politique : est-il possible, et si oui comment, de brider ces orientations criminelles ?

De quoi alimenter notre réflexion sur un sujet dérangeant. Dérangeant au point que l’association a été fortement divisée sur l’opportunité de le traiter.

Jeudi 4 décembre à 18h30 au café-restaurant La Bonne Franquette à Noizay.

Thoreau, le 6 novembre

Quel est notre rapport avec la Nature ? nous l’aimons, la respectons, la dominons, la détruisons, la défendons… autant d’attitudes et de points de vue philosophiques. L’Américain Henry Thoreau (1817-1862) adorait la nature sauvage (en fait la campagne) qu’il ne se lassait pas de contempler, pourvu qu’on n’y trouve pas trace des hommes et de la civilisation, au point de passer plusieurs années en autarcie dans une forêt.

Entre cet amour-fusion et les adeptes contemporains des « droits » de la Nature, en passant par l’écologie, il y a des degrés dans notre relation à la Nature. Où nous situons-nous ? Nous verrons quelles cases cocher !

Le 6 novembre à 18h30, au café -restaurant La Bonne Franquette, 39 rue de la République à Noizay

 

Bibliographie

Thoreau : Walden (éditions Gallmeister 2017) . Le récit de son séjour à l’étang de Walden

Thoreau : histoire de moi-même.  Recueil de ses conférences (disponible à la bibliothèque de l’association, prêt réservé aux adhérents)

Rousseau : discours sur l’origine de l’égalité parmi les hommes (disponible à la bibliothèque de l’association, prêt réservé aux adhérents)

Michel Serres, le contrat naturel (Flammarion, champs essais, 2020). Pour des droits à la Nature

Francis Wolff, trois utopies contemporaines (Fayard, 2017). Contre des droits à la Nature

 

Raymond Aron, un sociologue anti-marxiste

Le 4 septembre, c’est la rentrée de la Chouette Noizéenne !

Nous la ferons avec Raymond Aron ((1905-1983), un philosophe atypique car rétif aux catégories et étiquettes. Sociologue, spécialiste de philosophie politique (après Machiavel, Rousseau, Hegel, Max Weber…) certes, éminent professeur des institutions les plus réputées, mais aussi journaliste et chroniqueur. Il a pendant 40 ans analysé et commenté la politique et la vie sociale. Connu (et redouté) par son esprit d’indépendance et sa croisade contre Sartre, « les intellectuels de gauche » et l’idéologie marxiste : un scandale à une époque où ils représentaient la pensée dominante.
C’est que Aron avait une aversion profonde à l’égard du totalitarisme et de la pensée unique. Il était donc un penseur libéral, adepte des régimes modérés, équilibrés.

Il est mort avant  Daech, la chute du mur de Berlin, les Gilets Jaunes, l’essor de l’écologie… Qu’en aurait-il pensé ?

Rendez-vous le jeudi 4 septembre à 18h30, à la Bonne Franquette comme d’habitude

Spinoza : développons notre puissance !

A l’époque de Descartes, un modeste artisan hollandais mûrit en solitaire une œuvre qui sera un ovni dans le ciel de la philosophie. « L’Ethique » de Spinoza expose en effet une conception totalement différente de la philosophie classique, et son auteur, qui voulait devenir rabbin, sera exclu de la synagogue et chassé d’Amsterdam. Dans cet ouvrage on lit que Dieu et la Nature sont une même substance, que les êtres qui la composent sont définis non par leur « nature » mais par ce qu’ils peuvent : leur puissance. Que pour la maintenir et la développer des passions joyeuses sont nécessaires, qu’il n’y a ni Bien ni Mal mais des choses bonnes (pour nous) ou mauvaises.

« L’Ethique » abonde d’idées iconoclastes et décoiffantes.

Serez-vous enthousiasmés ?

Jeudi 5 juin à 18h30, café-restaurant La Bonne Franquette, 39 rue de la République à Noizay

 

vivons-nous dans une illusion ?

Rodolphe Touzé est professeur de mathématiques à l’Université Paris Sud et au Conservatoire National des Arts et Métiers, et responsable du projet « Astronomie » ainsi que de plusieurs projets éducatifs.

Il viendra le 24 avril nous parler d’un sujet surprenant : vivons-nous dans une illusion ?

Il s’agira d’abord des récentes découvertes de la recherche scientifique : absence de « matière » ! Indécision des lois classiques de la physique ! Déconcertant mais convaincant…

Que nous ayons l’«illusion», donc une perception erronée, d’un monde tangible, est un thème familier de la philosophie (Platon, allégorie de la Caverne) et des spiritualités (Bouddha et mystiques). De quoi nous interroger et animer nos débats.

Rodolphe Touzé est un pédagogue expérimenté et a le don de présenter les concepts scientifiques de façon lumineuse.

Jeudi 24 avril à 18h30 au café-restaurant La Bonne Franquette, 39 rue de la république à Noizay

Marcel Proust : revivre le temps passé

L’œuvre magistrale de Marcel Proust (1871-1922) est consacrée à la recherche du temps perdu, c’est-à -dire aux moyens de nous faire revivre le passé. Revivre ? il faut comprendre re-vivre au sens propre. A la différence des souvenirs que notre mémoire volontaire fait défiler, figés et froids tels des photos, certaines expériences miraculeuses nous ramènent dans un monde qui semblait perdu, avec ses émotions, aussi vives que celles que nous vivons maintenant. Si bien que le temps entre le présent et le passé est aboli.

Comment ce passé peut-il resurgir, intact et bouleversant ? Nous avons sans doute eu la chance de faire ces expériences de « mémoire involontaire » et d’en ressentir cette félicité que Proust décrit génialement. Peut-on dire pour autant que le Temps est aboli ?

jeudi 3 avril à 18h30, au café-restaurant La Bonne Franquette à Noizay