5 octobre : Plotin le mystique

Le 5 octobre, notre prochain café philosophique s’intéressera au grec Plotin (205-270). Après Kant le mois dernier ce sera un grand saut dans l’espace, le temps et les courants de pensée. Autant le philosophe allemand est rationnel, en quête d’explication du monde et de connaissances vérifiables, autant Plotin est spiritualiste, à la recherche de la nature profonde de l’âme et de sa parenté avec un principe suprême.

De ce principe suprême on ne peut rien dire, tellement il est au-delà de notre monde, si ce n’est qu’il est « un », peut-être dieu… mais un dieu sans culte ni clergé. Le monde n’est pas sa création mais son émanation à travers des couches de plus en plus éloignées de lui. Notre âme est donc en partie « divine », exilée dans un corps dont les liens tendent à l’éloigner de « sa vraie patrie ». Le bonheur, l’accomplissement de soi, est dans le retour à cette patrie, c’est-à-dire dans la fusion avec le principe suprême – qui est en nous. Plotin a vécu cette fusion dans plusieurs « extases ».

Inspirée au premier abord de la philosophie de Platon et des gnoses, la pensée de Plotin est en fait originale ; on n’y trouve pas ce mépris du corps ni cette vision de la mort comme une délivrance.

Les thèses de Plotin ont été conservées et transmises sous la dénomination d’ « Ennéades ». Elles ont inspiré nombre de penseurs chrétiens, en particulier Saint Augustin et Pascal, et alimenté tout un courant mystique.

 

Bibliographie

Plotin, traités 1-6 (édition GF). Facile à lire. Disponible à la bibliothèque de l’association (prêt réservé aux membres)