Pythagore : le nombre explique tout

Ouf ! Avec Pythagore, le 4 avril, nous plongerons dans l’harmonie, et même l’harmonie universelle. De Pythagore nous connaissons un fameux théorème – mais il fut bien plus qu’un mathématicien de génie, quoique sa conception du monde, de la divinité, de la justice, sa théorie de la musique, son explication du mouvement des planètes, soient basées justement sur les mathématiques : le Nombre et les rapports entre le Pair et l’Impair gouvernent le cosmos.

Mathématicien certes, mais aussi philosophe (c’est lui qui inventa le mot) et mystique, chef d’une congrégation religieuse et école de pensée où régnaient la concorde et l’harmonie. Ses idées ont irradié le monde grec (Platon lui doit beaucoup) et le début de notre ère ; ses intuitions scientifiques ont été confirmées, huit siècles après, par Copernic puis d’autres savants.

A la lumière de ses réflexions, même le fameux théorème prend un sens inattendu et peut susciter l’enthousiasme…

populisme et démocratie, le 7 mars

Le prochain café philosophique aura lieu le jeudi 7 mars

Il sera consacré à l’examen de deux formes d’organisation de la vie politique : la démocratie représentative et le populisme. Il s’agira d’analyser les composantes du populisme, qui a déjà émergé en France dans le passé et auquel plusieurs Etats européens ont recours depuis peu. Pourquoi ? quelles sont ses racines ? sa force ? les raisons de la violence qu’il emploie ? Est-il « de gauche » ou « de droite » ? quel sens a l’appel du « peuple » contre l’Etat ? Comment peut aboutir son affrontement avec la démocratie parlementaire ?

Ces questions semblent surgir de l’actualité récente, mais elles ne datent pas d’hier. Spinoza lui-même a décrit en 1670 le phénomène du populisme, et de nombreux philosophes (Machiavel, Toqueville, Marx, Proudhon, Carl Schmitt…) ont réfléchi à l’articulation entre le peuple et le pouvoir central.

Nous leur demanderons leur aide afin de comprendre notre temps, ce point de vue évitant de tomber dans des débats « politiques ».

Jeudi 7 mars à 18h30, au café-restaurant l’Antre-Potes, 39 rue de la République à Noizay

Bibliographie

Brève introduction au populisme, par Cas Mudde et Cristobal Rovira Kaltwasser (édit de l’Aube). Une présentation simple des caractéristiques du populisme à travers le monde

 Grammaire de la multitude, par Paolo Virno (éditions de l’Eclat et Conjonctures). Analyse passionnante des thèmes et de la stratégie du populisme

Pour un populisme de gauche, par Chantal Mouffe (édit Albin Michel). Comme son titre l’indique, un ouvrage engagé, mais dont les thèses, bien que polémiques, sont stimulantes. Lecture plus ardue.

Ces trois auteurs sont des professeurs de philosophie en activité.

 

 

 

Rousseau : la non-école

« Tout est bien sortant des mains de l’Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l’homme ». Logiquement, il faut dans l’éducation d’un enfant préserver au maximum sa part de « nature »; plutôt que de le « remplir » de connaissances, de modes de comportement, il faut le protéger contre tout apport de la société afin de laisser libre cours à ses dons naturels. Rousseau explique dans « Emile » comment mener cette « éducation négative » en prenant l’exemple d’Emile que l’on suit de la naissance à l’âge adulte. Ce véritable traité de pédagogie, souvent passionnant (sauf en ce qui concerne l’éducation des filles) est cependant fort dirigiste, et suppose l’intervention d’un précepteur très cultivé, lui.

Le 4 octobre à 18h30, café-restaurant l’Antre-Potes, 39 rue de la République à Noizay

bibliographie

« Emile, ou de l’éducation » (chez Garnier Flammarion). Ce gros pavé de 600 pages se lit facilement, et on y trouve un tas de conseils pratiques de pédagogie encore valables, surtout en ce qui concerne la petite enfance. Une soixantaine de pages exposent sa conception de la religion.La partie consacrée à Sophie, destinée à épouser Emile, est de nos jours inacceptable par son sexisme.

Ivan Illich, le 6 septembre

Ivan Illich (1926-2002), prêtre, universitaire, a mené toute sa vie une critique féroce des institutions, de toutes les institutions : l’école, la médecine, les transports…Obsédé par les dégâts de la société de consommation, de la vanité de l’industrie, convaincu que les soi-disant progrès techniques sont contre-productifs et aboutissent non pas au progrès mais à une régression, il prône une société sans école – même celles qui pratiquent une pédagogie libérale -, sans médecine (il mourut d’une tumeur qu’il refusa de faire soigner) et utilisant peu d’énergie, par exemple les modes de locomotion lents. Il est à l’origine des mouvement pour une « décroissance » qui ont connu un grand succès à la fin du siècle dernier.

Des idées qui ont toujours de l’intérêt, sont en tout cas stimulantes.

A lire :

les ouvrages d’Ivan Illich sont courts et faciles à lire.

« Une société sans école »  (coll. Points)

« Energie et équité » (edit. Arthaud Poche)

« la convivialité » (édit points, Ouvrage disponible dans la bibliothèque de la Chouette Noizéenne )

randonnée philosophique du 24 juin 2018

 

Le message de Rabelais

Randonnée – piquenique du 24 juin 1018

 Lieu : La Devinière, demeure de Rabelais, à l’entrée de Seuilly

 Programme et horaires

 Départ à 9h30 de Vernou ; rendez-vous pour le covoiturage sur le parking du Super-U Arrivée à la Devinière vers 11h, rendez-vous sur le parking.

Installation du matériel de piquenique à l’ombre des arbustes le long du vignoble.

Pour ceux qui le souhaitent, randonnée d’environ 4 km sur l’itinéraire fléché « Au pays de Rabelais » (détails ci-après ; un plan sera distribué).

Retour sur les lieux du piquenique.

Au cours de l’apéritif  échanges sur « le message de Rabelais »

A 14h30 visite guidée (environ 2 heures) du musée de la Devinière

 Piquenique

Il n’y a pas d’aire de piquenique proprement dite, donc à chacun d’apporter tables, chaises,  matériel et victuailles.La chouette fournira des  bouteilles d’eau, des biscuits apéritifs, 10 bouteilles de vin rouge et six de pétillant. Les participants qui auraient encore soif pourront se fournir à la boutique de la Devinière (environ 5€ la bouteille de leur vignoble).

 Intempéries

Nous n’avons trouvé aucun abri sur place. Si le temps est vraiment mauvais ou menaçant, la sortie sera annulée et nous l’annoncerons par mail aux inscrits. Pensez à consulter vos mails la veille ou le matin

L’ensemble de la sortie est gratuit pour les membres de l’Association. Nous demanderons aux non membres une participation de 3 €, ainsi que le prix de la visite guidée (5 €)

 Randonnée

Le circuit complet « Au pays de Rabelais » (disponible à l’office du tourisme de Chinon) fait 8 km entre Seuilly, La Devinière, Cinais, l’Oppidum, le Camp des Romains et retour à Seuilly. Il est possible de le raccourcir en prenant des chemins au niveau de Grand Laid. Voir la carte IGN 1724 SB (Loudun / Richelieu)

 

 

 

 

 

Pierre-Joseph Proudhon

L’anarchisme, l’autogestion, les mutuelles, les banques populaires, le microcrédit, les coopératives, l’économie solidaire : c’est lui. Il a inventé, au milieu du XIXème siècle, un modèle de société harmonieuse qui serait le socialisme sans être le communisme, le libéralisme sans être le capitalisme, fondée sur le principe de la liberté et de la justice.

« La liberté, partout et toujours » est son mot d’ordre, qui le fait combattre les pouvoirs, tous les pouvoirs – l’Etat, la propriété privée, les Eglises. Son objectif, qui le distingue du libéralisme : la justice sociale et l’éradication de la pauvreté.

Exprimées avec violence (il n’était violent que dans ses discours) ces idées lui ont valu la prison, le bannissement, l’hostilité des gouvernements, de Marx et des démocrates.

Quelle est aujourd’hui son influence, et quelles sont les limites de l’application de ses principes ?

 

Exceptionnellement le jeudi 19 avril à 18h30

 

Bibliographie

 

Pierre-Joseph Proudhon a écrit une quarantaine d’ouvrages, auxquels il faut ajouter un nombre considérables d’articles de journaux et de pamphlets, sans compter deux œuvres capitales publiées après sa mort.

On peut lire avec intérêt et facilement le livre qui l’a rendu célèbre «  Qu’est-ce que la propriété ?  » aux éditions Livre de Poche (ouvrage disponible à la bibliothèque de la Chouette Noizéenne)

Pour aller plus loin : « Liberté, partout et toujours « , un recueil de textes choisis et présentés (édition les belles lettres).

Henry Thoreau

En 1845 aux Etats-Unis Henry Thoreau, instituteur et précepteur, décide de se retirer d’une société qui le dégoûte pour de nombreuses raisons, en particulier sa fascination pour la consommation d’objets superflus. Il s’installe dans une cabane construite de ses propres mains et vit solitaire en autarcie, frugalement et refusant le moindre confort. Il raconte son expérience qui dura deux ans deux mois deux jours dans un livre qui est devenu la bible des adeptes du retour à la Nature et de la décroissance.

Quelles valeurs humaines justifient cette prescription de vie primitive et ce refus hautain de la civilisation et de la modernité ?

Jeudi 1er février à 18h30

Bibliographie

  • « Walden », publié en 1854, est le récit de son séjour au bord de l’étang de Walden   ouvrage disponible le 1er février dans la valise philosophique
  • « Histoire de moi-même », publié en 2017 est le recueil de conférences qu’il a faites pour « édifier ses contemporains »  ouvrage disponible le 1er février dans la valise philosophique
  • « La désobéissance civile », un court livre de 38 pages, est un plaidoyer en faveur de la liberté absolue de l’individu de décider de ce qui est bien, quels que soient les lois et le gouvernement.

 

Le mythe de Faust

L’épopée tragique du bon Dr Faust, qui vendit son âme au diable pour gagner plus de bonheur terrestre, va plus loin que la romance mise en musique par Gounod ou les galipettes de Don Juan.

Il s’agit dans la légende (le personnage qui l’inspira aurait été un savant – médecin- magicien du XVème siècle) d’un défi absolu  de l’homme à l’autorité divine, dont l’enjeu est certes la jeunesse éternelle, c’est-à-dire la promesse de jouissances charnelles, mais aussi du savoir total et du pouvoir qu’il donne. L’originalité du mythe est que dans cet affrontement avec Dieu, Faust fait alliance avec son rival : le diable.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

bibliographie

Goethe, « Faust I » , c’est à dire « le premier Faust » (on peut se passer de « Faust II »), chez Garnier – Flammarion. Goethe a mis des années à écrire ces pièces de théâtre, qui ont été terminées quelques mois avant sa mort en 1832.

7 décembre à 18h30

 

Simone Weil, le 5 octobre

Simone Weil (1909-1943) est une exception dans le paysage philosophique. Philosophe certes -agrégée même, et professeur – ; mais en même temps militante en faveur de la condition ouvrière – elle travailla en usine -;  de convictions anarchistes; résistante – elle rejoignit les Forces Françaises Libres à Londres ;  mystique mais se refusant à entrer dans l’Eglise … Tout cela dans une courte vie de 34 ans.

L’originalité de ses positions et la modernité de ses analyses sont stimulantes et ne peuvent laisser indifférent.

à lire :

« l’enracinement », pour ses analyses du malaise social, ses propositions, et l’exposé de sa thèse principale sur les besoins vitaux de l’âme parmi lesquels l’enracinement dans une collectivité

« attente de Dieu », pour l’évocation de sa fusion mystique avec le Christ et les raisons de son hostilité à l’Eglise catholique

 

Auguste Comte, le 7 septembre

Auguste Comte (1798-1857) est un philosophe étonnant, plus par sa vie tourmentée que par ses idées. Celles-ci sont simples, raisonnables, presque évidentes, reposant sur l’esprit scientifique et visant le progrès social. Sa vie en revanche fut compliquée, plutôt malheureuse et marquée par plusieurs dépressions et séjours en hôpitaux psychiatriques.

Son apport à la philosophie, le « positivisme », est important. A une époque de fort développement des sciences, et de soulèvements populaires, il a voulu apporter à l’étude des sociétés les méthodes rigoureuses des sciences expérimentales, la dégager des croyances religieuses et des spéculations métaphysiques. A ce titre il est le fondateur de la sociologie. Il a d’autre part donné pour but à l’organisation sociale de favoriser le progrès et le bien-être de l’humanité.

A lire

L’exposé complet de ses idées se trouve dans son « Cours de philosophie positive » en six volumes. Une présentation plus condensée est accessible dans son « Discours sur l’esprit positif » (240 pages, éditions Vrin). La lecture en est facile mais quelque peu aride.